« Coparentalité », ce mot qui semble un peu barbare : d’où vient-il et pourquoi en parler ?

10 novembre 2016 Conseils et vie pratiqueParents séparés

Être parent aujourd’hui

Avant toute chose, attachons-nous à définir réellement ce qu’est la parentalité, telle qu’on l’entend au XXIème siècle, dans nos sociétés.

Au passage, voici un blog assez drôle qui met en images les aventures d’une maman de 4 enfants (désolée Messieurs, vous avez peut-être l’impression qu’on parle ENCORE des mamans seules avec leurs enfants, mais on ne vous oublie pas, et même je suis sûre que vous rencontrez le même genre de situations, ce blog pourra aussi vous faire sourire !)

La parentalité est un processus qui se construit dans le temps et qui ne se limite plus aux parents biologiques. Pouvoir donner la vie ne place pas d’emblée les parents géniteurs à une position parentale. C’est d’ailleurs quelque chose que nous pouvons observer avec les nouvelles configurations familiales actuelles comme dans la pluri- parentalité ou l’homoparentalité notamment. Le terme de « parentalité » implique au minimum deux personnes : une qui donne (la figure parentale) et une qui reçoit (l’enfant). Etre parent implique une transmission, un partage (des valeurs, un savoir-faire, un savoir-être…) et ceci n’est possible que si en face, l’individu réceptionne et reconnait une certaine préoccupation et autorité provenant du parent. En fait, la parentalité peut ne pas concerner uniquement le père ou la mère biologique, et peut être incarnée par d’autres personnes de l’entourage de l’enfant, ne vivant donc pas nécessairement sous le même toit.

Allons plus loin : le fait d’engendrer, de transmettre un héritage ou encore d’éduquer peut être réparti entre différentes personnes. On distingue donc, en psychologie, « l’être parent biologique » de « l’être parent social » ou encore de « l’être parent symbolique ». Didier Le Gall, professeur de sociologie à l’université de Caen, et Yamina Bettahar, maître de conférences à l’université de Lorraine, alimentent cette idée en précisant que « non nécessaire et fragile, le mariage ne peut plus être le pivot de nos constructions de la famille et de la filiation », que « des relations parentales avec des enfants dont les parents ne sont pas les géniteurs sont à l’œuvre dans un nombre croissant de familles » et enfin que « c’est beaucoup plus à partir de l’enfant, seule réalité pérenne, que la famille se définit aujourd’hui. ». Permettons-nous d’insister : le mariage n’est plus le cadre de référence. On peut le regretter ou y être indifférent, mais c’est un fait. D’où l’importance de distinguer parentalité et conjugalité, en référence au premier article où l’on a pris soin de préciser que la famille de l’enfant continue d’exister même après la séparation du couple conjugal. Quoi qu’il en soit, la fonction parentale regroupe plusieurs notions clés telles que l’engagement, la responsabilité ou encore la stabilité ; notions également indispensables dans la coparentalité.

La notion de « coparentalité » est d’ailleurs reconnue dans les textes de loi, bien qu’assez récemment en France puisqu’elle est apparue officiellement avec la loi de 2002, qui renvoie au principe d’exercice conjoint de l’autorité parentale, et ce dans l’intérêt de l’enfant. Malgré une apparition récente du terme en question, il faut préciser que le principe-même de la coparentalité était déjà décrit dans la loi de 1970. Ce dernier renvoie au fait que l’enfant puisse bénéficier d’une éducation définie de façon commune entre les parents mais aussi qu’il puisse entretenir des relations avec eux. La coparentalité implique également une acceptation et un respect du parent envers l’autre parent. Cette notion s’applique aux couples séparés, mais il en va de même pour les couples unis. La coparentalité n’est pas quelque chose qui s’impose au moment d’une séparation, comme une règle qu’il faudrait suivre, mais elle a démarré bien avant quand les parents étaient encore ensemble !

Le concept de « coparentalité » a été étudié à l’international. Ainsi, des chercheurs américains associent la coparentalité à la « qualité de coordination entre les adultes dans leurs rôles de parents, à la façon dont les conjoints, dans leurs rôles de père et de mère, se soutiennent ou se dénigrent chacun en tant que parents ». Et dans « coparentalité »,il y a « CO ». « CO » ça veut dire collaboration, coopération, soutien, entente. Ça veut dire qu’il faut faire des efforts, que cette alliance soit solide et stable, et cela pour le bien de l’enfant.

La coparentalité peut être vue à travers trois aspects : l’exercice, la pratique et l’expérience.

 

  • L’exercice renvoie à la loi qui précise l’exercice commun de l’autorité parentale, et ce, dès la naissance de l’enfant.
  • La pratique concerne les comportements adoptés par les parents entre eux mais aussi à l’égard de l’enfant, leur implication, l’organisation en général (cette semaine ci chez papa, celle-là chez maman) et aussi les petits gestes du quotidien (le faire arriver avec une valise d’habits propres, accepter de passer donner un coup de main en maths chez le parent « gardien » la veille d’un contrôle…).
  • L’expérience représente la façon dont les parents se représentent la relation coparentale et comment ils la vivent. De la même manière que parentalité et conjugalité, il faut bien distinguer conjugalité et coparentalité. En effet, même si le couple conjugal disparaît lors d’une séparation ou d’un divorce, le couple parental, lui, reste et DOIT rester, toujours dans l’intérêt de l’enfant. La conjugalité et la coparentalité étant distincts mais tout de même interdépendants (une relation conjugale précède la relation coparentale), il est important de faire attention, au moment d’une séparation, que les parents puissent faire le deuil de la relation conjugale, tout en gardant une proximité suffisante dans leurs rôles parentaux auprès de l’enfant.

 

En bref… ! Ne pas oublier, la séparation ou le divorce ne veulent pas dire dissolution de la famille mais seulement dissolution du couple conjugal ! Ce qui signifie qu’on ne fait pas éclater en 1000 morceaux la relation parent/enfant ! Alors, allez-vous me dire, cela n’est pas toujours simple sur un plan concret, notamment quand la distance géographique n’aide pas. C’est dans cette idée qu’Edukily a développé son application, qui est une solution à ces désagréments et vient soutenir la coparentalité, tout en mettant au centre le petit être qui vous remplit de bonheur au quotidien : votre enfant !

Bibliographie :

  • « Coparentalité : un mythe pour quelles réalités ? » (2008) de Véronique Rouyer, maître de conférences en psychologie du développement à Toulouse
  • « Petit lexique contemporain de la parentalité – Réflexions sur les termes relatifs à la famille et leurs usages sociaux » (2008) de Marine Boisson (chargée de mission au département « Questions sociales » du Centre d’analyse stratégique)
  • « La parentalité : un processus, hors confusion des langues, favorisant la croissance psychique » (2006) de Myriam Boubli, maître de conférences en psychologie clinique et psychopathologie à l’université de Provence (Aix-Marseille II) et Brigitte Efrat-Boubli

Credit: L’image de cet article provient du site grumeautique.blogspot.fr

Ecrit par : Maëva Lecordier


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